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Au fil de la Normandie

Une longue vague qui déferle le long de l'avenue Henry Chéron. Fluide et lumineuse. Cet avant-corps de zinc, de bois et de verre, c'est la signature audacieuse et spectaculaire de l'hôtel qu'à longtemps imaginé Ivan Vautier. Oubliés les lourds rideaux du Pressoir, ses plafonds bas et la rusticité. Place aux volumes aériens, aux lignes épurées et tendues. Cette atmosphère qui avait redonné le ton quelques mois plus tôt au restaurant gastronomique, l'architecte Thierry Chalaux l'a déclinée pour l'extension du bâtiment accueillant les 19 chambres de l'hôtel depuis le printemps. Unité parfaite entre les grands espaces de réception, les salles de restaurant et les jardins intérieurs qui offrent une clémence étonnante au coeur de la ville.

Un luxe de détails

Pour ce changement radical, l'agence Pointe carrée a travaillé en finesse pour imposer un design sobre, élégant, presque dépouillé. Ce parti pris permet de valoriser le choix des matières : mobilier gainé de cuir d'autruche sombre, bois clair de noyer qui trouve son accord parfait avec le chamois des sièges, aplats de couleurs toniques en contrepoint des tonalités grises. Et puis ce long couloir sombre et énigmatique qui s'étire depuis la réception jusqu'aux salles et aux terrasses en offrant une vue cadrée sur la cuisine en mouvement. Dans la lueur des infrarouges, cette vue dérobée permet de ressentir quelques secondes l'intensité du travail de création, la concentration de toute la brigade autour d'Ivan Vautier. Homard avec sa tatin de tomates cuites 5 heures, dos de bar aux aubergines cuites à la plancha avec la ravigotte de cornichons, tartare d'écrevisses mi-cuit, ces belles promesses reçoivent la touche finale sous nos yeux en un mouvement. Le design est en salle mais aussi dans l'assiette.

Un jeu d'équilibre

A l'étage, chacune des chambres reprend la palette des tons, juste réhaussés par une couleur contrastante : vert anis, aubergine, jaune safran... Les salles de bains semi-fermées pour préserver l'intimité, sont vastes et fonctionnelles et associent la céramique au zinc. Les volumes sont modelés par les différences de niveaux, les pentes de toit, les faux plafonds et les vues traversantes. De cette manière, aucune chambre ne se ressemblent vraiment, mais toutes offrent cette impression d'espace révélée par une mise en lumière toute en douceur. Luxueux avec retenue, design mais pas radical, l'Hôtel IV- Ivan Vautier est en équilibre sur un fil, comme le suggère les sculptures d'acrobates, d'amazones et de danseuses de Catherine Riff qui ont trouvé place dans chaque chambre. Aux antipodes des palaces de la Côte normande, Caen tient désormais son premier 4 étoiles urbain et serein.